Préparation de votre contenu personnalisé

Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus
Cliquer pour agrandir

Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus

Description

Les grandes dimensions de l'autel et le soin apporté à sa taille (moulures, faces polies), à sa décoration (balustres et décors des faces latérales) et à la gravure de son inscription indiquent qu'il s'agit là d'une offrande de prix, qui fut accompagnée d'un sacrifice, comme le rappelle le texte de l'inscription. La divinité protectrice invoquée est Jupiter Très Bon et Très Grand et la dédicace s'inscrit dans le registre classique des offrandes effectuées pour la protection et le retour d'une personne, généralement partie en voyage. La bénéficiaire est une femme appartenant à une famille citoyenne, dont le gentilice (nom de famille), Petronius/a, est largement attesté en Occident. Son surnom, Magna, est commun et répandu, comme celui du dédicant, Fortunatus. Régisseur de Petronia Magna, Fortunatus, qui devait donc voir ses responsabilités accrues durant l'absence de celle-ci, était peut-être un esclave, bien qu'il ne fût pas désigné comme tel dans le texte. Son nom unique, l'habitude des maîtres de donner aux esclaves des surnoms liés à la notion de destin ou de chance et sa fonction « d'actor » (régisseur) sont autant d'arguments en faveur de cette hypothèse. Le fait qu'il associe les siens à la dédicace pourrait cependant inciter à voir en lui un homme libre pourvu d'une famille. Claudine Jacquet, d'après la notice de Robert Sablayrolles et Laetitia Rodriguez extraite du « Catalogue raisonné des autels votifs du musée Saint-Raymond », 2008. ; L'autel a été soigneusement poli sur les faces latérales et antérieure, des traces superficielles de ciseau subsistent cependant sur les faces latérales. La face postérieure, laissée brute, présente des traces de ciseau grain d'orge (l'outil utilisé est plus fin sur la base que sur le corps). Des bandes périmétrales dégagées au ciseau délimitent les contours de chacune des faces : un premier cadre suit les côtés et le haut de la base, le second entoure un ensemble formé du corps et des deux chanfreins de la base et du couronnement. Base Une fissure partie du centre du corps descend jusqu'à la base, où une lacune a été rebouchée par du plâtre. Modénature : la base est débordante par rapport au corps. Rainure d'onglet, tore, listel plat, doucine renversée, listel plat, cavet renversé sur trois faces ; chanfrein renversé sur la face postérieure. Corps Le champ épigraphique est délimité par un cadre mouluré. Couronnement : - Corniche : les angles postérieurs et antérieur gauche de la corniche sont brisés, le bandeau est légèrement endommagé sur les faces latérales. Modénature : le couronnement est débordant par rapport au corps. Cavet droit, listel plat, doucine droite, bandeau renversé sur les faces latérales et antérieure ; chanfrein renversé, bandeau renversé sur la face postérieure. - Coussin : le coin antérieur droit du coussin présente une cassure nette. Le coussin est constitué d'un bandeau d'attique plus large que haut, encadré de deux pulvilli. Ces derniers, nettement séparés du bandeau d'attique sur les faces latérales, ont été soigneusement arasés jusqu'à son niveau. Les pulvilli sont ornés sur la face principale de fleurons inscrits dans un cercle, reliés par un cordon tressé qui souligne le haut du couronnement. La face supérieure du coussin est rigoureusement plane entre les pulvilli. Un évidement rectangulaire (15,8 x 12,2 cm) est creusé en son centre. Un second creusement rectangulaire aux contours moins nets (environ 12 x 10 cm) ménage une feuillure pour constituer la mortaise d'encastrement d'un décor sommital (prof. totale de la cavité : 9 cm). Des traces de concrétion témoignent de l'exposition de l'autel à l'érosion. ÉPIGRAPHIE I(oui) O(ptimo) M(aximo), // pro salute et / reditu Petroni'ae'/ Magnae, Fortu/natus, act(or), aram / cum hostia fecit / item pro salute su/a et suoru(m) omnium / u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito) . À Jupiter Très Bon et Très Grand, pour la sauvegarde et le retour de Petronia Magna, Fortunatus, son régisseur, a fait faire cet autel et a immolé une victime. Il l'a fait aussi pour sa propre sauvegarde et pour celle de tous les siens. Il s'est acquitté de son vœu de bon gré et avec une juste reconnaissance. Ordinatio et paléographie La mise en page est très réussie, l'inscription occupe toute la surface du champ épigraphique. La dernière ligne est gravée contre la moulure du cadre. La gravure de l'inscription est particulièrement soignée. Quelques lettres ont une graphie curieuse : les E sont gravés comme des F, sans la barre inférieure, les barres transversales des A sont remplacées par des points, et le G est gravé avec une cédille. Les jambages des M sont obliques. La lettre M d'omnium a été rajoutée entre les lignes 6 et 7. H. des lettres : l. 1 : 3,9 ; l. 2-4: 4,2 ; l. 5 et 6 : 3,9 ; l. 7 et 8 : 3,5 ; l. 9 : 2,4. DECOR Un vase à libation orne la face latérale gauche. Sa panse, carénée, est décorée de quatre godrons sculptés en relief. Un cordon torsadé, aux stries symétriques de part et d'autre du centre, marque la carène, et le col est cannelé. L'anse est arrondie au niveau du coude, où elle est munie d'un poucier, et se termine par un petit disque fixé au niveau de la carène. Le pied, en forme de queue d'aronde, est sculpté en fort relief, une partie sculptée en moindre relief indique la perspective. Le goulot, qui se termine sans bec verseur, est représenté selon le même procédé. La face latérale droite est décorée d'une patère formée de deux cercles concentriques et d'un ombilic constitué d'un mamelon central percé. Le cercle extérieur est plat et très épais. COMMENTAIRE Les grandes dimensions de l'autel et le soin apporté à sa taille (moulures, faces polies), à sa décoration (balustres et décors des faces latérales) et à la gravure de son inscription indiquent qu'il s'agit là d'une offrande de prix, qui fut accompagnée d'un sacrifice, comme le rappelle le texte de l'inscription. La divinité protectrice invoquée est Jupiter Très Bon et Très Grand et la dédicace s'inscrit dans le registre classique des offrandes effectuées pour la protection et le retour d'une personne, généralement partie en voyage . La bénéficiaire est une femme appartenant à une gens citoyenne, dont le gentilice latin classique, Petronius/a, est attesté largement en occident dans les provinces anciennes ou les provinces militarisées, plus rarement en Aquitaine . Son surnom Magna est commun et répandu, comme celui du dédicant Fortunatus. Régisseur de Petronia Magna, Fortunatus, qui devait donc voir ses responsabilités accrues durant l'absence de celle-ci, était peut-être un esclave, bien qu'il ne fût pas désigné comme tel dans le texte. Son nom unique, l'habitude des maîtres de donner aux esclaves des cognomina liés à la notion de destin ou de chance et sa fonction d'actor sont autant d'arguments en faveur de cette hypothèse. Le fait qu'il associe les siens à la dédicace pourrait cependant inciter à voir en lui un homme libre pourvu d'une famille. La même formule revient cependant sur une autre dédicace pro salute de la cité des Convènes, clairement offerte par un esclave à Jupiter Très Bon et Très Grand pour le salut de ses maîtres . Le déroulement du rituel religieux n'est pas entièrement clair. La première partie du texte (sacrifice d'une victime et dépôt de l'autel) paraît indiquer un sacrifice propitiatoire, effectué au moment du départ de Petronia Magna, comme cela se pratiquait à Rome lors du départ des empereurs pour des expéditions militaires. La formule finale évoque, au contraire, un vœu accompli et un sacrifice d'action de grâce. Faut-il considérer la formule finale comme une expression conventionnelle dont le sens s'était affadi ou avait même disparu et accompagnait, dès lors, de façon systématique toute forme de dédicace, ou faut-il penser que le geste avait bien été effectué au retour de Petronia Magna, pour célébrer celui-ci ? La seconde hypothèse paraît préférable, même si le caractère récurrent de vslm sur les autels votifs des Pyrénées rend probable un affaiblissement de son sens originel avec le temps. Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008.

Sujet représenté

(patère, vase à libation)

À propos de cette œuvre

L'œuvre intitulée « Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus » est conservée au musée Saint-Raymond. Cette pièce figure dans la base Joconde du ministère de la Culture, qui recense les œuvres des musées de France.

Technique et matériaux

Cette œuvre relève du domaine : archéologie, épigraphie, romain, croyances - coutumes. Elle a été réalisée avec les matériaux et techniques suivants : marbre. Sa période de création est identifiée comme : 1er siècle;4e siècle.

Le musée conservateur

« Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus » est conservée au musée Saint-Raymond, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit que les collections font l'objet d'une gestion rigoureuse en matière de conservation, d'inventaire et d'accessibilité au public.

Sources des données

Les informations relatives à cette œuvre proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture, diffusée sur data.culture.gouv.fr sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab).

À propos de cette œuvre

Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus, oeuvre de archéologie, épigraphie, romain, croyances - coutumes, et conservée au musée Saint-Raymond. La technique employée est : marbre. L'oeuvre présente les dimensions suivantes : Hauteur en cm 92,7 ; Largeur base en cm 48,8 ; Largeur corps en cm 39,2 ; Profondeur base en cm 34 ; Profondeur corps en cm 25,3. Sujet représenté : (patère, vase à libation). Cette réalisation date de la 1er siècle;4e siècle.

Contexte de création

Dans quel contexte a-t-il créé Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus ? La 1er siècle;4e siècle constitue un moment de profonde effervescence créatrice, qui nourrit et stimule la démarche de l'artiste. Le musée Saint-Raymond, qui détient cette œuvre, permet au visiteur de comprendre les liens qui unissent la création artistique aux circonstances historiques de son émergence.

Questions fréquentes

Tout ce que vous devez savoir

L'œuvre « Autel votif dédié à Jupiter Très Bon Très Grand par Fortunatus » est conservée au musée Saint-Raymond, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit la qualité de conservation des collections et leur accessibilité au public.

Cette œuvre est attribuée à d'après la base Joconde du ministère de la Culture. Consultez la fiche de l'artiste sur DellArte pour découvrir son parcours, ses autres œuvres et les musées qui conservent ses créations.

Les données proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture (data.culture.gouv.fr), diffusées sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab). Les notices sont renseignées par les musées conservateurs et validées par le Service des musées de France.

L'œuvre fait partie des collections d'un musée labellisé « Musée de France ». Contactez le musée conservateur pour vérifier si l'œuvre est actuellement exposée dans les salles ou conservée en réserve. Les horaires d'ouverture et les tarifs sont disponibles sur le site officiel du musée.

Les droits d'utilisation des images dépendent de l'œuvre, de l'artiste et du musée. Si l'auteur est décédé depuis plus de 70 ans, l'œuvre est dans le domaine public en France. Les données textuelles (titre, technique, dimensions) sont sous Licence Ouverte et réutilisables librement.

La fiche de l'œuvre contient les informations de la base Joconde : titre, auteur, technique et matériaux utilisés, dimensions, période de création, domaine artistique, numéro d'inventaire, musée conservateur et, quand elle est disponible, une image numérisée.

Utilisez la page de contact de DellArte pour nous signaler l'erreur. Les données étant issues de la base Joconde, les corrections majeures (attribution, datation, technique) doivent être signalées au ministère de la Culture via data.culture.gouv.fr.

La base Joconde recense plus de 700 000 notices d'œuvres. Utilisez la barre de recherche pour trouver des œuvres du même artiste, de la même technique ou de la même période. Chaque fiche de musée donne accès à l'ensemble de ses collections numérisées.

La résolution de l'image dépend du programme de numérisation du musée conservateur. Certains musées proposent des images en haute résolution via leurs propres plateformes numériques. L'image affichée sur DellArte provient de la base Joconde dans sa résolution de diffusion.

Les boutiques des musées proposent souvent des reproductions de leurs œuvres principales (cartes postales, affiches, livres d'art). Pour les œuvres du domaine public, des services comme la RMN-Grand Palais (photo.rmn.fr) commercialisent des reproductions photographiques professionnelles.