Préparation de votre contenu personnalisé

Dragon
Cliquer pour agrandir

Dragon

Description

La croix de Dracy ne montre plus aujourd'hui que sa base et son fût octogonal aux côtés concaves. Ce dernier devait constituer le niveau inférieur de la croix comme le suggèrent les quatre culots qui, à son sommet, supportaient à l'origine quatre rondes-bosses scellées par des tenons métalliques. Le croisillon s'élevait au milieu des quatre statues. Conformément à la tradition iconographique de la fin du Moyen Âge, il devait présenter sur son avers le Christ crucifié et, sur son revers, la Vierge à l'Enfant. Le culot oriental portait la statue d'un saint Pierre aujourd'hui conservée dans l'église de la commune. Il est timbré d'un blason dont les pièces -sculptées en bas-relief- sont rendues presque illisibles par l'usure de la pierre et les taches contrastées des lichens. Elles sont très vraisemblablement celles du donateur et apparaissent également dans l'église de Dracy, sur la clef de voûte du chœur. La consultation des armoriaux n'a malheureusement pas permis de les identifier. Au début du siècle, trois auteurs évoquent la croix de Dracy et son décor sculpté : P. de Truchis, A; Vittenet et H. David. La BM de Dijon conserve les notes relatives aux édifices religieux du canton de Vitteaux, prises par P. de Truchis à la charnière des XIXe et XXe siècles. Ces notes sont complétées par des croquis et des plans de la main de l'auteur. Dans cette précieuse documentation, il cite des extraits de la triste description qu'un commissaire du roi fit de Dracy, alors hameau misérable, en juin 1470. Il ajoute : « Quelle bonne fortune était de tomber moins de 20 ans plus tard sur ce village ruiné puisque le temps lui a légué trois édifices qui n’étaient pas dépourvus d’un certain luxe... ». L’un des édifices est « la belle croix animée jadis de personnages au sommet et dont la base seule subsiste malheureusement ». L’auteur mentionne « le Christ crucifié, plus bas plusieurs apôtres rangés en cercle autour du fût sur un palier circulaire et au-dessus de la base richement moulurée quatre personnages dont l’archange saint Michel et saint Pierre sont les seuls survivants. La note de l’érudit permet également de se faire une idée plus précise de l’aspect originel de la croix bien qu’il soit aujourd’hui difficile de savoir à quoi correspondait le « palier circulaire » évoqué. Quoi qu’il en soit, la « base richement moulurée » n’est autre que le large anneau polygonal, aux côtés concaves et qui supporte les quatre culots mentionnés plus haut. Dans son étude sur les croix rurales du canton de Vitteaux, A. Vittenet évoque un cliché pris par P. de Truchis et au dos duquel ce dernier avait noté : « Ce socle était autrefois surmonté d’une sorte de calvaire comprenant deux rangs de saints groupés au-dessous de la Crucifixion : en 1869, un ouragan précipita à terre toue cette statuaire qui, dans sa chute, brisa deux apôtres de la rangée inférieure de ce calvaire… L’allure de saint Pierre – le seul des quatre personnages de base existant encore – est pleine de dignité, la belle expression de sa tête, l’ampleur et la vérité des plis de son vêtement lui donnent un caractère puissant et une valeur d’art bourguignon incontestable ». Ce texte confirme la situation des apôtres à un niveau inférieur à celui des autres rondes-bosses mais les degrés de la base ayant une forme rectangulaire, on ne voit pas très bien à quoi pouvait correspondre le « palier circulaire » mentionné. Le jugement que l’auteur porte sur le saint Pierre est bien différent de celui de H. David. Ce dernier évoque à son tour l’apôtre et le saint Michel de Dracy dans l’étude qu’il consacre à la sculpture bourguignonne de la fin du Moyen Âge. Il note qu’après l’orage de 1869, « restaient un saint Pierre que ses vêtements épais, d’une distribution embarrassée rattachent aux formules du XVe siècle, mises en œuvre par un compagnon sans habileté, un saint Michel élégant et souple qui perçait le dragon avec une désinvolture pleine de grâce. En vif contraste avec la précédente, cette respirait un italianisme allègrement assimilé, qui datait les sculptures des environs de 1515 ». En note, H. David précise que le saint Michel fut à son tour abattu par un nouvel orage. Il affirme également avoir vu cette sculpture encore en place sur la croix, 15 ans plus tôt. La mention d’un saint Michel dans le décor sculpté originel a permis d’identifier à ce saint le personnage dont le musée archéologique possède la tête (inv. 997.0.83), qu’il faut compléter avec le bloc de pierre, connu localement comme faisant partie de la croix et encore récemment déposé sur le couvercle d’un puits voisin (996.10.1). Cet autre fragment est en fait la base de la ronde-bosse dont ne subsistent qu’une partie du corps du dragon (tronc, queue et membres postérieurs) ainsi que le pied gauche de l’archange. Sur le côté du bloc apparaît une longue mortaise de section circulaire, qui correspond sans aucun doute au goujonnage originel. Enfin, sous le dos du monstre, une large agrafe métallique ajustait autrefois ce fragment à un deuxième, aujourd’hui perdu. Conformément à la représentation du dragon au Moyen Âge, le monstre se convulsionne aux pieds de l’archange. Renversé sur le dos, il lève ses pattes postérieures fléchies comme s’il souhaitait se préserver des assauts du saint. L’extrémité de sa patte droite saisit nerveusement la longue queue serpentiforme. Griffue et dotée de phalanges saillantes, elle contribue au caractère monstrueux de la bête – comme d’ailleurs la panse large et flasque ou la surface épineuse du corps. Aujourd’hui brisée, l’extrémité de la patte gauche devait se tendre rageusement en direction du saint. Le pied gauche de l’archange apparaît sur un petit monticule, à proximité de la race d’arrachement du pied opposé. Saint Michel dominait donc la bête et devait la transpercer au moyen d’une lance ou épée. Étant donné l’état de conservation de la croix, c’est principalement grâce aux témoignages passés et à l’étude du décor figuré subsistant que la sculpture semble pouvoir être datée. La description donnée par H. David et l’esprit encore médiéval de la tête suggèrent que le saint Michel combinait formules traditionnelles et nouvelles. Caractéristique de la période de transition qui couvre le premier quart du XVIe siècle, la sculpture semble bien pouvoir être datée des alentours de 1515. Sculptés à la même époque, le saint Michel et le saint Pierre ne sont toutefois pas de la même main. Alors que l’apôtre est réalisé par un artisan non encore accoutumé aux formules ultramontaines, l’archange semble être dû à un sculpteur initié au nouvel art et dont la maîtrise se manifeste dans le seul détail de la tête. Au terme de cette étude, on peut s’interroger sur la présence de saint Michel sur la croix de Dracy. Comme le remarque J. Baudoin, "des causes multiples interviennent dans le choix des figures sur les croix : patronage des paroisses ou des donateurs, protection contre les épidémies ou durant les pèlerinages". La localisation originelle de saint Pierre sur un culot armorié et la mise en relation de l’apôtre et de l’archange (présentés sur un même niveau) semblent indiquer que l’un et l’autre sont les saints patrons des donateurs. Les quatre culots étant tous timbrés de blasons - aux armoiries malheureusement effacées pour trois d'entre eux-, il est tenant d'imaginer que les deux couples furent les donateurs de la croix de Dracy. (Véronique Boucherat) (JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000)

Sujet représenté

scène biblique (dragon)

À propos de cette œuvre

L'œuvre intitulée « Dragon » est conservée au musée archéologique. Référencée dans la base Joconde, cette œuvre participe au patrimoine artistique national conservé dans les musées labellisés.

Technique et matériaux

Cette œuvre relève du domaine : archéologie, sculpture, médiéval. Elle a été réalisée avec les matériaux et techniques suivants : calcaire (taillé), ronde-bosse. Sa période de création est identifiée comme : 1ère moitié 6e siècle.

Le musée conservateur

« Dragon » est conservée au musée archéologique, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit que les collections font l'objet d'une gestion rigoureuse en matière de conservation, d'inventaire et d'accessibilité au public.

Sources des données

Les informations relatives à cette œuvre proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture, diffusée sur data.culture.gouv.fr sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab).

À propos de cette œuvre

Le musée archéologique conserve Dragon. La technique employée est : calcaire (taillé), ronde-bosse. Les dimensions de l'oeuvre sont : Hauteur en cm 23 ; Largeur en cm 22,5 ; Profondeur en cm 13. Le sujet représenté est : scène biblique (dragon). Elle est datée de la 1ère moitié 6e siècle.

Contexte de création

Dragon est le produit de la rencontre entre le talent de et les aspirations de la 1ère moitié 6e siècle. Abritée au musée archéologique, cette œuvre cristallise les questionnements artistiques propres à une époque qui voit naître de nouvelles formes d'expression et de nouveaux rapports à la création.

Questions fréquentes

Tout ce que vous devez savoir

L'œuvre « Dragon » est conservée au musée archéologique, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit la qualité de conservation des collections et leur accessibilité au public.

Cette œuvre est attribuée à d'après la base Joconde du ministère de la Culture. Consultez la fiche de l'artiste sur DellArte pour découvrir son parcours, ses autres œuvres et les musées qui conservent ses créations.

Les données proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture (data.culture.gouv.fr), diffusées sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab). Les notices sont renseignées par les musées conservateurs et validées par le Service des musées de France.

L'œuvre fait partie des collections d'un musée labellisé « Musée de France ». Contactez le musée conservateur pour vérifier si l'œuvre est actuellement exposée dans les salles ou conservée en réserve. Les horaires d'ouverture et les tarifs sont disponibles sur le site officiel du musée.

Les droits d'utilisation des images dépendent de l'œuvre, de l'artiste et du musée. Si l'auteur est décédé depuis plus de 70 ans, l'œuvre est dans le domaine public en France. Les données textuelles (titre, technique, dimensions) sont sous Licence Ouverte et réutilisables librement.

La fiche de l'œuvre contient les informations de la base Joconde : titre, auteur, technique et matériaux utilisés, dimensions, période de création, domaine artistique, numéro d'inventaire, musée conservateur et, quand elle est disponible, une image numérisée.

Utilisez la page de contact de DellArte pour nous signaler l'erreur. Les données étant issues de la base Joconde, les corrections majeures (attribution, datation, technique) doivent être signalées au ministère de la Culture via data.culture.gouv.fr.

La base Joconde recense plus de 700 000 notices d'œuvres. Utilisez la barre de recherche pour trouver des œuvres du même artiste, de la même technique ou de la même période. Chaque fiche de musée donne accès à l'ensemble de ses collections numérisées.

La résolution de l'image dépend du programme de numérisation du musée conservateur. Certains musées proposent des images en haute résolution via leurs propres plateformes numériques. L'image affichée sur DellArte provient de la base Joconde dans sa résolution de diffusion.

Les boutiques des musées proposent souvent des reproductions de leurs œuvres principales (cartes postales, affiches, livres d'art). Pour les œuvres du domaine public, des services comme la RMN-Grand Palais (photo.rmn.fr) commercialisent des reproductions photographiques professionnelles.