Tablettes médiumniques
Descrizione
Jean-Baptiste André Godin est initié au spiritisme par des amis fouriéristes à Paris le 13 août 1853, à l’occasion d’une séance de « table parlante ». L’industriel croit en l’existence immatérielle des esprits des défunts et à la possibilité de communiquer avec eux. Il fait partie de ces socialistes qui, après les désillusions de 1848, embrassent le spiritisme comme l’une des voies du progrès social. Godin entretient des relations avec des personnalités du milieu spirite français comme Victorien Sardou, Eugène Nus, Camille Flammarion, Édouard Fauvety ou Pierre-Gaëtan Leymarie. Il lit la Revue spirite, fondée par Allan Kardec en 1858. Avec sa compagne Marie Moret et la sœur de celle-ci, Émilie Dallet, il organise régulièrement des séances de communication spirituelle au Familistère. En 1877, Godin apprend que le célèbre et contesté médium américain Henry Slade est arrivé en juillet à Bruxelles et prévoit de séjourner quelque temps dans la capitale belge. Il écrit le 14 septembre 1877 à Ch. Fritz, secrétaire de la Société spirite l’Union de Bruxelles, pour solliciter la possibilité d’assister à une « expérience » spirite conduite par Slade : « Quoique très au courant depuis plus de vingt années, écrit Godin, je serais très heureux de voir une expérience d'écriture directe et de matérialisation ». L’écriture, par les esprits eux-mêmes, de messages tracés à la craie sur des ardoises était une spécialité du médium américain. Le 20 septembre 1877, Godin et Marie Moret se rendent à Bruxelles et assistent à plusieurs séances spirites animées par Slade. Ils font un compte-rendu de leur visite (« Visites chez M. Slade »), qui est partiellement publié par Édouard Fauvety en octobre 1877 dans La Religion laïque et par Pierre-Gaëtan Leymarie en 1880 dans Le spiritisme devant la science et le matérialisme mécaniciste devant la raison. « Après avoir entendu de M. Fritz le récit des phénomènes que produisait M. Slade et avoir pris rendez-vous pour le soir même aller voir M Slade à 7 heures un quart, M. Godin et Made Marie s’en sont allés, et ayant avisé un magasin de papeterie, ils ont acheté deux ardoises reliées ensemble par des charnières et formant ainsi une boîte vernie sur ses faces extérieures, la dite boîte se tenant fermée par une coulisse dans laquelle passait un crayon d’ardoise. M. Godin prit le soin, en rentrant à l’hôtel, de faire à cette ardoise plusieurs marques : les unes visibles, les autres non visibles, afin d’être assuré que ces ardoises ne pourraient être changées sans qu’il s’en aperçoive, s’il pouvait obtenir que M. Slade s’en servit le soir. » (« Visites chez M. Slade ») Godin prend des précautions pour éviter une substitution d’ardoises au cours de la séance. Slade, en effet, a été accusé de supercherie à Londres en 1876, et l’industriel ne souhaite pas que l’expérience, si elle réussit, puisse être mise en doute. La première séance a donc lieu chez le médium, le soir de l’arrivée du couple à Bruxelles. Autour d’une petite table, sont assis Godin, Moret, Slade et la nièce de celui-ci, qui sert d’interprète. « La chaîne fut formée par les mains sur la table, et des coups forts et nets furent immédiatement entendus, frappant au centre de la table […] M. Slade prit l’ardoise double de M. Godin, l’ouvrit sur la table, posa sur une des faces intérieures une touche de crayon, la referma, puis, la chaîne étant reformée de façon toujours à ce que M. Slade eût la main droite libre (la gauche tenant unies une main de M. Godin et une de l’interprète), M. Slade promena l’ardoise double, en pleine lumière, sur l’épaule gauche de M. Godin, contre son oreille et le long de son bras. On entend aussitôt le crayon écrire entre les deux ardoises, puis les deux coups indiquant que l’opération est terminée, et le crayon s’arrête. L’ardoise est ouverte ; elle porte, tracée, sur une de ses faces intérieures, une ligne en caractères hiéroglyphiques, puis une phrase en anglais se traduisant ainsi " Vous avez beaucoup d’amis présents ". On referme l’ardoise, l’opération recommence. M. Slade tient l’objet contre la poitrine de M. Godin, on entend de nouveau écrire le morceau de crayon, deux coups frappés marquent la fin, on ouvre et sur l’autre face intérieure de l’ardoise est écrite en anglais et presque en abrégé une phrase que l’interprète traduit ainsi : " cette ardoise, glacée comme verre nous gêne pour en faire usage. " » (« Visites chez M. Slade ») La double ardoise conservée au Familistère de Guise (inv. n° 1999-5-3), fabriquée par le manufacturier allemand A. W. Faber, correspond exactement à la description de l’objet acheté le 20 septembre 1877 après-midi par le couple Godin Moret dans une papeterie de Bruxelles. Elle est sans aucun doute celle qui a été utilisée par Henry Slade le soir du même jour. On reconnaît dans les inscriptions manuscrites hésitantes tracées à la craie sur les plaques d’ardoise les textes mentionnés dans le récit de la séance de communication spirite. Une autre double ardoise, utilisée par Slade lors d’une deuxième démonstration d’écriture spirite, est également conservée au Familistère de Guise (inv. n° 1999-5-4). Jean-Baptiste André Godin et Marie Moret ont préservés intactes les ardoises comme preuves matérielles des manifestations spirituelles dont ils pensaient avoir été les témoins. Ils sont en effet convaincus de la médiumnité de Slade, malgré les suspicions dont il est l’objet, et de la réalité des « phénomènes » qu’il leur a été donné d’observer à Bruxelles : « J’y ai été témoin de phénomènes spirites qui m’ont donné la preuve de faits que je désirais vérifier depuis longtemps », écrit Godin à son ami Tisserant le 25 septembre 1877. Plusieurs semaines après l’expérience, l’industriel semble encore sous l’impression reçue alors : « Peut-être est-il bon de vous assurer que ce que je relate de mes visites chez M. Slade n’est qu’un récit très affaibli des phénomènes dont j’ai été le témoin », glisse-t-il dans le post-scriptum de sa lettre à Édouard Fauvety du 11 octobre 1877. Dix ans plus tard, la croyance de Godin n’a pas vacillé : « je dois vous dire que je suis tellement fixé sur la réalité des phénomènes que M. Slade a produits devant moi que je n'éprouve pas le besoin d'une nouvelle séance », écrit-il le 21 avril 1886 en réponse à une invitation du médium américain. Il tient d’ailleurs de fréquentes séances de communication spirituelle au Familistère avant et après l’épisode de Bruxelles. Godin doit finalement concéder, après de nouvelles accusations de supercherie portées contre Slade, que la probité du médium peut être mise en doute. Tout en minimisant l’importance qu’eut pour lui l’expérience de septembre 1877, il réaffirme sa foi dans les « vérités spirites » : « Je ne puis avoir une opinion quant à l’état actuel des facultés de M. Slade, écrit-il le 27 mai 1886 à un spirite belge. Lorsque j’ai parlé de lui, j’étais certain de ce que j’avais vu ; mais dès que la médiumnité s’exerce en vue des gains, il y a toujours à se mettre en défiance contre ceux qui s’y livrent et vous devez savoir comme moi que les personnes professant le spiritisme ne sont pas pour cela à l’abri des faiblesses de la malhonnêteté. Nous avons eu de trop remarquables exemples sous ce rapport pour pouvoir nous prononcer d’une façon absolue sur la valeur des gens et des expériences qu’ils offrent au public, quand nous ne sommes pas en possibilité de les apprécier par nous-mêmes. Par conséquent, bien qu’en 1877 j’ai été certain de la médiumnité remarquable de M. Slade, il est dans les faits possible que celui-ci ait perdu, depuis, tout ou partie de sa médiumnité. L’attitude des journaux spirites de Paris semblerait indiquer quelque chose de ce genre. Je ne puis donc rien vous affirmer concernant les facultés présentes de M. Slade ni les moyens qu’il emploie. Je considère du reste que ce n’est pas parce qu’il réussirait plus ou moins bien dans ses séances que cela pourrait influer sérieusement sur le progrès des idées spiritualistes. Pour mon compte, bien que j’aie été désireux, autrefois, de constater de visu les facultés de ce médium, je n’en avais pas autrement besoin pour former mes convictions […] Autant une saine propagande concernant les phénomènes spirites me paraît utile, autant en ce qui me concerne je tiens à être réservé sur tout ce qui peut donner matière à surprises défavorables. Cela, soyez-en certain, sans faux scrupule, car j’espère prochainement par la publication d’un nouvel ouvrage, aider à ma façon à la propagande des vérités spirites et surtout à la démonstration de leur réelle utilité dans le monde, point trop souvent négligé jusqu’ici, à mon avis, par les spirites. »
Informazioni su questa opera
L'opera intitolata « Tablettes médiumniques », attribuita a Slade Henry (auteur);A. W. Faber (fabricant), è conservata al Familistère de Guise. Questo pezzo figura nella base Joconde del ministero della Cultura, che censisce le opere dei musei di Francia.
Tecnica e materiali
Quest'opera appartiene al settore: ethnologie, croyances - coutumes. È stata realizzata con i seguenti materiali e tecniche: Double ardoise en bois avec loquet et charnières métallique et écriture manuscrite à la craie.. Il suo periodo di creazione è identificato come: 4o quarto XIX secolo.
Il museo conservatore
Il Familistère de Guise conserva quest'opera nelle sue collezioni. In quanto museo con l'etichetta « Musée de France », l'istituto si impegna a preservare e valorizzare i pezzi che gli sono affidati.
Fonti dei dati
Le informazioni relative a quest'opera provengono dalla base Joconde del ministero della Cultura, diffusa su data.culture.gouv.fr sotto Licenza Aperta v2.0 (Etalab).
Informazioni su quest'opera
De Slade Henry (auteur);A. W. Faber (fabricant), Tablettes médiumniques est conservée au Familistère de Guise dans le domaine ethnologie, croyances - coutumes. La réalisation fait appel à Double ardoise en bois avec loquet et charnières métallique et écriture manuscrite à la craie. Format : Hauteur en cm : 25,7 ; Largeur en cm : 15,4 ; Profondeur en cm : 1,5. Elle a été créée durant la 4e quart 19e siècle.
Contesto di creazione
Tablettes médiumniques de Slade Henry (auteur);A. W. Faber (fabricant) voit le jour dans le contexte bouillonnant de la 4e quart 19e siècle, une époque de profondes transformations artistiques et culturelles. Aujourd'hui conservée au Familistère de Guise, cette œuvre reflète les aspirations et les questionnements esthétiques de son temps. L'artiste puise dans l'effervescence créatrice de son époque les ressources nécessaires pour forger une œuvre qui dialogue avec les courants dominants tout en affirmant une voix personnelle.
Vedi anche
Domande frequenti
Tutto quello che devi sapere
L'opera « :titolo » è conservata al :museo, un istituto con il riconoscimento « Museo di Francia ». Questo marchio garantisce la qualità della conservazione delle collezioni e la loro accessibilità al pubblico.
quest'opera è attribuita a :autore secondo il database Joconde del Ministero della Cultura. Consultate la scheda dell'artista su DellArte per scoprire il suo percorso, le sue altre opere e i musei che conservano le sue creazioni.
I dati provengono dal database Joconde del Ministero della Cultura (data.culture.gouv.fr), diffusi sotto Licenza Aperta v2.0 (Etalab). Le schede sono compilate dai musei conservatori e convalidate dal Servizio dei musei di Francia.
L'opera fa parte delle collezioni di un museo con il marchio « Museo di Francia ». Contattate il museo conservatore per verificare se l'opera è attualmente esposta nelle sale o conservata in riserva. Gli orari di apertura e le tariffe sono disponibili sul sito ufficiale del museo.
I diritti di utilizzo delle immagini dipendono dall'opera, dall'artista e dal museo. Se l'autore è deceduto da più di 70 anni, l'opera entra nel dominio pubblico in Italia. I dati testuali (titolo, tecnica, dimensioni) sono sotto Licenza Aperta e riutilizzabili liberamente.
La scheda dell'opera contiene le informazioni del database Joconde: titolo, autore, tecnica e materiali utilizzati, dimensioni, periodo di creazione, settore artistico, numero di inventario, museo conservatore e, quando disponibile, un'immagine digitalizzata.
Utilizzate la pagina di contatto di DellArte per segnalarci l'errore. Poiché i dati derivano dal database Joconde, le correzioni importanti (attribuzione, datazione, tecnica) devono essere comunicate al Ministero della Cultura tramite data.culture.gouv.fr.
Il database Joconde elenca più di 700.000 schede di opere. Utilizzate la barra di ricerca per trovare opere dello stesso artista, della stessa tecnica o dello stesso periodo. Ogni scheda di museo dà accesso all'intera collezione digitalizzata.
La risoluzione dell'immagine dipende dal programma di digitalizzazione del museo conservatore. Alcuni musei offrono immagini ad alta risoluzione tramite le proprie piattaforme digitali. L'immagine visualizzata su DellArte viene dal database Joconde alla risoluzione di diffusione.
I negozi dei musei offrono spesso riproduzioni delle principali opere (cartoline, poster, libri d'arte). Per le opere nel pubblico dominio, servizi come la RMN-Grand Palais (photo.rmn.fr) vendono riproduzioni fotografiche professionali.