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Relief des trois juifs de la Disputation
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Relief des trois juifs de la Disputation

Description

Calcaire (pierre d'Asnières) taillé ; Au début de l’année 1975, P. Quarré découvre ce relief sculpté dans la partie supérieure du contrefort flanquant au sud la fenêtre axiale du chœur. Pour faciliter son remploi dans la maçonnerie, le bloc dut subir quelques retouches : il fut scié comme le prouvent les tracs sur son côté droit, alors que tous les autres pans sont taillés ; quant à la face sculptée, elle fut bûchée et largement retaillée sur toute la moitié inférieure qui porte aujourd’hui de nombreuses traces de mortier. La face principale du relief présente trois personnages vêtus de longs manteaux, se courbant vers la gauche, deux au premier plan, le troisième venant s'intercaler au second plan ; de celui qui se tient le plus à senestre, on ne devine plus que la silhouette, l’épaule droite et le contour de la tête. Leur visage allongé, voire émacié, aux pommettes saillantes, porte moustache et barbe, effilée et définie par de longues mèches parallèles pour celui du milieu, indiquant un certain âge. Leur chevelure épaisse retombe sur leurs épaules en deux mèches torsadées, encadrant un front haut et dégagé. Sous leurs sourcils droits légèrement infléchis, le regard trahit une certaine affliction que renforce l’inclinaison des corps. Pour P. Quarré, le personnage à gauche, le bras pris dans un pan de son manteau, désignait la scène de son index, tandis qu’à l’arrière plan, celui du milieu appuyait sa main droite -doit-on supposer – contre sa poitrine, « d’un air recueilli ». Or, un examen plus attentif révèle que ces deux mains appartiennent en réalité au seul personnage de gauche : l’index tendu de sa main droite vient désigner les doigts tendus de son autre main, que l’on voit très clairement émerger du manteau, comme s’il comptait ou énumérait ; quant à la main droite du personnage central, il faut la chercher sur l’épaule droite du précédent. D’après F. Garnier, ce geste des deux mains exprimerait l’argumentation, « l’énumération des considérants et des preuves » : le doigt de l’autre main, « les autres doigts étant tendus ou repliés selon le point d’avancement de la démonstration ». L’auteur précise que le contenu et la portée de la démonstration doivent être cherchés dans le contexte de la scène, ce qui pose ici le problème de son identification. P. Quarré voyait dans ce bloc le fragment d’un linteau, qu’on aurait bûché pour en faciliter le remploi, d’où la planéité partielle de la sculpture et les nombreux restes de mortier. Selon lui, il aurait pu représenter la Dormition de la Vierge, les trois personnages s »inclinant sur le lit de la défunte. Les trois figures observées relèvent, il est vrai, d’un type physique proche de celui des apôtres et affectent dans leur attitude et leur visage une certaine tristesse, qui n’est pas étrangère à épisode ; on sait en outre que la scène réapparaît fréquemment sur les linteaux, dont les dimensions habituelles sont comparables à celles du relief : à Saint-Thibault-en-Auxois, trois apôtres se tiennent les uns derrière les autres, à dextre, au pied du lit de Marie, fermant ainsi la composition. Or, de la même manière, l’examen du bloc provenant de Saint-Etienne révèle qu’à part le bord droit, né du sciage, les trois autres bords sont originaux, ce qui prouve que les trois personnages fermaient ici aussi la composition à dextre. Si l’hypothèse de Pierre Quarré semble trouver quelques justifications, le geste du premier personnage n’intervient dans aucune scène connue du cycle de la Vierge. En revanche,on retrouve dans une scène de la vie de saint Étienne, au portail du bras sud de Notre-Dame de Paris : le tympan, divisé en trois registres, illustre le parcours du premier martyr de l’Église, en commençant par sa « dispute » avec les juifs, sa prédication, sa comparution, suivies de sa lapidation et de son ensevelissement, l’ensemble étant surmonté par une figure du Christ. Assis face à saint Etienne, l’un des protagonistes de la disputatio emploi le geste d’argumentation décrit précédemment ; lui et les siens portent la barbe et de longs manteaux, comme sur le relief de l’abbatiale dijonnaise, mais aussi un bonnet. Cet épisode, comme celui de la prédication, montre des personnages très expressifs, se tenant la tête, se grattant les cheveux ou la barbe, attitudes qui traduisent l’effort de réflexion et le trouble suscité par la confrontation avec Étienne. Peut-être les personnages du relief de Dijon affectent-ils ces mêmes sentiments, pris plus haut pour de la tristesse ? D’autre part, on notera que s’il s’agit ici de la disputatio, scène introductive au martyre du saint, il est logique qu’elle occupe la partie gauche du linteau, de même qu’elle apparaît en bas à gauche du tympan à Notre-Dame de Paris. On pourrait ainsi conjecturer que le reste du linteau présentait les épisodes suivant, réservant le tympan au martyre proprement dit. Malgré une conservation imparfaite de la sculpture, les corps allongés, les visages étirés aux joues creuses, la zone des yeux profonde surmontée de sourcils droits, infléchis et d’un front haut, les mèches torsadées, rappellent les figures du bras sud de la cathédrale de Strasbourg, peut être plus que les têtes des portails occidentaux de Notre-Dame de Dijon, mises en relation les unes avec les autres par W. Sauerlander, qui place leur exécution vers 1230, l’analyse stylistique constituant ici l’unique moyen de datation. Que nous apprennent les sources sur l’état de l’abbatiale dans cette première moitié du XIIIe siècle ? Les travaux de l’abbé Fyot de la Marche révèlent que la figure dominante de cette période fut l’abbé Pierre Barbotte, qui occupa le siège abbatial de 1204 environ à 1240, année de sa mort, période pendant laquelle il fit -selon l’auteur - « plusieurs choses importantes pour l’honneur et l’avantage de son abbaye ». Outre l’augmentation de son patrimoine, on apprend par le martyrologe de Saint-Étienne qu’il a également entièrement rebâti l’église abbatiale et qu’il y a fait rapporter le corps de saint Médard. Il faut rester prudent dans l’interprétation du mot « entièrement », en l’absence de tout autre document sur d’éventuels travaux dans cette première moitié du XIIIe siècle ; il ne s’agit pas forcément d’une reconstruction totale de l’édifice, mais peut-être seulement d’adjonctions et de remaniements plus ou moins importants, avec entre autres un portail dédié au saint patron de l’abbaye. Quel aurait été le sort réservé à ce portail ? La zone dans laquelle le relief fut découvert correspond aux parties hautes du chevet ; or on sait que l’effondrement du clocher, frappé par la foudre le 30 janvier 1488, entraîna avec lui la voûte et les piliers qui soutenaient l’ensemble de la structure, suivis immédiatement après par les maçonneries attenantes, fragilisés (aux dires de l’abbé Fyot) par les incendies passés : la plus grande partie de l’église aurait été ainsi détruite. L’abbé Richard Chambellan entreprit de reconstruire entièrement son abbatiale, en sollicitant l’aide des églises qui relevaient de sa juridiction et de toutes celles qui étaient disposées à apporter leur contribution financière. L’effort dut être remarquable car les travaux auraient duré moins de sept ans, prévoyant en outre l’agrandissement de l’abside du XIIe siècle ; la structure actuelle du chevet remonte à cette époque. Le portail ayant été probablement touché par l’effondrement ou n’entrant pas dans le nouveau projet, les fragments, victimes aussi du changement de goût, furent remployés comme pierre à bâtir dans la maçonnerie du chevet. (Didier Secula) (JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000) ; P. Quarré attribue cette scène aux trois personnages s'inclinant sur le lit de la défunte dans la Dormition de la Vierge. D. Sécula l'attribue à la Disputatio des trois juifs, épisode de la Vie de saint Étienne. (Jannet - Joubert dir., Col. lapidaire médiéval p. 160-161)

Sujet représenté

scène biblique

À propos de cette œuvre

L'œuvre intitulée « Relief des trois juifs de la Disputation » est conservée au musée archéologique. Référencée dans la base Joconde, cette œuvre participe au patrimoine artistique national conservé dans les musées labellisés.

Technique et matériaux

Cette œuvre relève du domaine : archéologie, architecture, sculpture, médiéval. Elle a été réalisée avec les matériaux et techniques suivants : pierre d'asnières (taillé). Sa période de création est identifiée comme : 2e quart 13e siècle.

Le musée conservateur

« Relief des trois juifs de la Disputation » est conservée au musée archéologique, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit que les collections font l'objet d'une gestion rigoureuse en matière de conservation, d'inventaire et d'accessibilité au public.

Sources des données

Les informations relatives à cette œuvre proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture, diffusée sur data.culture.gouv.fr sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab).

À propos de cette œuvre

Relief des trois juifs de la Disputation est une oeuvre des collections du musée archéologique relevant de archéologie, architecture, sculpture, médiéval. Cette pièce est en pierre d'asnières (taillé). Format : Hauteur en cm 76 ; Largeur en cm 39 ; Profondeur en cm 14. On y reconnaît : scène biblique. La création de cette oeuvre remonte à la 2e quart 13e siècle.

Contexte de création

crée Relief des trois juifs de la Disputation à une époque où la 2e quart 13e siècle transforme en profondeur le paysage artistique. Le musée archéologique, qui abrite cette œuvre, offre au visiteur la possibilité de mesurer l'influence du contexte historique et culturel sur la démarche de l'artiste. Les circonstances de la création éclairent le sens et la portée de cette pièce remarquable.

Questions fréquentes

Tout ce que vous devez savoir

L'œuvre « Relief des trois juifs de la Disputation » est conservée au musée archéologique, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit la qualité de conservation des collections et leur accessibilité au public.

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