Mausolée des Valerius Rufus
Description
Les très nombreux fragments de calcaire sculpté, retrouvés dans une fosse lors de la fouille, ont permis de reconstituer un mausolée à plusieurs étages comportant, à sa base, une grande inscription à la gravure et à la mise en page très soignées. Bien qu'incomplète, elle a permis de connaître le nom des défunts pour qui ce monument funéraire avait été érigé : M. VA[..]RIUS . M F STEL. RUFUS VE[---]NUS. ANN XLIII SIBE ET FRATRIBUS. SUIS.PRO PIETATE L. VALERIO L.F L VALERIO L F STEL NIGRO S [---] [---?] [---], Des traces de peinture rouge sont perceptibles dans le creux de certaines lettres et la ponctuation est faite par des points de forme triangulaire ou de petites feuilles de lierre stylisées. Les trois défunts, dont les statues presque grandeur nature ont pu être en large partie reconstituées, sont représentés debout en position frontale, dans une haute niche, bordée de pilastres et encadrée de panneaux sculptés, surmontant le grand socle portant l'épitaphe. Leur vêtement indique que deux d'entre eux étaient encore engagés dans l'armée au moment de leur décès. Ces deux personnages (leurs têtes ont disparu) présentent une symétrie presque parfaite. Debout en position frontale de part et d'autre et en léger retrait par rapport au troisième, ils sont représentés dans leur costume militaire, rendu de façon stéréotypée mais avec une grande précision documentaire : double ceinturon supportant glaive et poignard, tablier de lanières protégeant l'abdomen, manteau retombant en grands plis symétriques sur les épaules et le haut du corps. Leur main droite est ramenée vers la poitrine, leur main gauche tient un rouleau. Le troisième personnage, placé au centre en position frontale et légèrement en avant par rapport à ses deux compagnons, est vêtu de la toge du citoyen romain : il s'agit donc d'un vétéran qui a achevé son temps de service. Le vêtement dessine une large série de plis complexes traités également de façon stéréotypée mais avec un grand luxe de précision. La tête est conservée, entièrement recouverte par un pan de la toge. Les traits du visage arrondi sont maladroitement dessinés et les mèches de la chevelure dépassant du voile sont composées de deux rangées de petits traits verticaux parallèles. Le défunt adopte une position similaire à celle des deux légionnaires, la main droite repliée sur la poitrine ; la main gauche, émergeant des plis de la toge, tient également le rouleau testamentaire. Des traces de couleurs (rouge et jaune en particulier) sont visibles sur divers fragments, témoins de la polychromie qui devait rehausser le monument à l'origine. La présence de peinture sur les monuments funéraires d'époque romaine est largement attestée et les couleurs vives et contrastées contribuaient à donner vie et mouvement au décor sculpté. Les fragments décorés retrouvés dans la fosse ont aussi permis de reconstituer un panneau latéral presque complet et une partie d'un second, mais la majeure partie de ce décor latéral a disparu lors de la destruction et du démontage du mausolée, au moment où ce secteur de la nécropole légionnaire a été transformé en zone d'habitation. Il s'agit d'une figure de danseuse, de profil, vêtu d'un chiton dont les pans retombent symétriquement le long des jambes, en un mouvement qui souligne celui ondulant du corps. Un voile, tendu au bout des bras, se déploie en corolle au-dessus de la tête. Cette figure féminine peut être identifiée à une ménade du cortège dionysiaque, thème fréquent en Rhénanie dans le décor des monuments funéraires du Ier siècle après J.-C. Le second panneau, très mal conservé, était probablement sculpté d'une seconde ménade ou d'un génie funéraire dont ne subsistent que les jambes et une draperie à la disposition proche de celle de la figure précédente, ainsi qu'un masque humain stylisé tenu par une main levée. La comparaison des éléments d'architecture de même module (corniches, moulures...) et des sculptures retrouvées et restaurées avec des monuments de même t ype a permis d'élaborer une proposition de reconstitution graphique du mausolée. La restitution proposée se présente sous la forme d'un monument à deux étages. La partie inférieure cubique porte l'inscription funéraire en façade. Le second étage forme une vaste niche où ont pris place les trois statues des défunts. Leur disposition côte à côte est impossible en raison de la dimension des éléments retrouvés. Il faut donc envisager que la statue du vétéran se trouvait légèrement en avant, encadrée à l'arrière par celle des deux personnages en costume militaire. De la toiture ne subsistent plus que quelques rares fragments indiquant que le monument devait être couronné par une toiture pyramidale à décor de tuiles disposées en écailles. Le couronnement sommital est, par contre, totalement perdu. Lors de la restauration, effectuée par le Laboratoire de restauration des Musées de Strasbourg, en collaboration avec l'atelier Desroches, a été notée la présence de mots peints en minuscules lettres grecques non accentuées au revers d'une des pierres de l'architrave : (2 mots en grec) « sois en paix, sois bienheureux ». Sur un second fragment a été observée une seconde inscription, également peinte en rouge, mais en lettres latines, au revers de l'entablement ; la lecture CALIAS FEC... est proposée (Waton-Dardaine 2010).
Sujet représenté
groupe de figures (homme, soldat, toge, à l'antique),figure (femme, draperie)
À propos de cette œuvre
L'œuvre intitulée « Mausolée des Valerius Rufus » est conservée au musée archéologique. Référencée dans la base Joconde, cette œuvre participe au patrimoine artistique national conservé dans les musées labellisés.
Technique et matériaux
Cette œuvre relève du domaine : archéologie, sculpture, épigraphie, romain, croyances - coutumes. Elle a été réalisée avec les matériaux et techniques suivants : calcaire oolithique, ronde-bosse. Sa période de création est identifiée comme : 3e quart 1er siècle.
Le musée conservateur
Le musée archéologique conserve cette œuvre dans ses collections. En tant que musée labellisé « Musée de France », l'établissement s'engage à préserver et à mettre en valeur les pièces qui lui sont confiées.
Sources des données
Les informations relatives à cette œuvre proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture, diffusée sur data.culture.gouv.fr sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab).
À propos de cette œuvre
Mausolée des Valerius Rufus est une oeuvre, conservée au musée archéologique. La réalisation fait appel à calcaire oolithique, ronde-bosse. Mesures : Longueur en cm 225.0 (base) ; Largeur en cm 150.0 (base). Cette pièce a pour sujet : groupe de figures (homme, soldat, toge, à l'antique),figure (femme, draperie). L'oeuvre appartient à la 3e quart 1er siècle.
Contexte de création
Mausolée des Valerius Rufus émerge du bouillonnement de la 3e quart 1er siècle, époque où atteint la pleine maturité de son art. Visible au musée archéologique, cette œuvre illustre à quel point le contexte historique nourrit et façonne la création artistique, lui conférant une profondeur qui va bien au-delà de la seule dimension esthétique.
Voir aussi
Questions fréquentes
Tout ce que vous devez savoir
L'œuvre « Mausolée des Valerius Rufus » est conservée au musée archéologique, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit la qualité de conservation des collections et leur accessibilité au public.
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