Autel votif dédié au dieu Baesert par Harbelex
Description
Base Les faces antérieure et latérale droite de la base ont été retaillées, l'angle antérieur gauche est brisé. Les moulures sont très bien conservées sur la face postérieure et la face latérale gauche. Modénature : la base est largement débordante par rapport au corps. Gorge, ovolo renversé, listel plat, cavet renversé sur les faces latérale gauche et postérieure. Couronnement - Corniche : les faces antérieure et latérale gauche ont été bûchées. Le bandeau est endommagé sur les faces latérale droite et postérieure. Modénature : filet droit, doucine droite, bandeau renversé sur les faces latérale droite et postérieure. - Coussin : le coussin, de forme rectangulaire et pratiquement plat, ne comporte pas de pulvilli. Sa face supérieure est légèrement érodée. Une mortaise d'encastrement (12 x 10 cm, prof. totale : 6,5 cm), en forme de tronc de pyramide inversé et munie d'une feuillure qui rétrécit l'ouverture (7,5 x 6,1 cm), a été ménagée au sommet de l'autel. Elle devait accueillir le tenon de fixation d'un décor en pierre (fastigium ?). ÉPIGRAPHIE Le champ épigraphique est mal conservé : il est érodé en surface et les bords de l'inscription sont entamés. Baeserte / deo, / Harbelex, / Harsi f(ilius), / u(otum) s(oluit) l(ibens) m(erito). Au dieu Baesert, Harbelex, fils d'Harsus, s'est acquitté de son voeu de bon gré et avec une juste reconnaissance. Ordinatio et paléographie La mise en page est très réussie, le texte est bien centré dans le champ épigraphique. La gravure est régulière et profonde, les lettres sont hautes. La boucle des R et les panses des B ne sont pas fermées, la barre horizontale du T dépasse largement des autres lettres, les A ne possèdent pas de barres transversales (ou elles ont été effacées par l'usure) et la boucle supérieure des S est plus grande que la boucle inférieure aux lignes 1 et 4. A la ligne 4 également, le H est très étroit. H. des lettres : l. 1 : 4,5 (T : 5,5) ; l. 2 : 4,5 ; l. 3 : 5,5 ; l. 4 : 4,5 (S : 4,8) ; l. 5 : 3,4 à 3,6. DECOR Un sanglier courant vers la droite orne la face latérale gauche du corps. Ses proportions sont étirées en longueur (groin, tronc), et une partie de sa tête est abîmée ; le groin reste cependant observable. Les poils sont figurés par de petites stries rectilignes sur le dessus du dos de l'animal. Le dessin, soigné, est assez réaliste. Sur la face latérale droite est sculptée une amphore à panse allongée, col assez court, lèvre étroite évasée, anses coudées fixées sur un épaulement à angle vif, pied assez haut. Ces caractéristiques morphologiques semblent correspondre à une forme Dressel 2/4, malgré un épaulement trop marqué pour ce type d'amphore. Ces décors tranchent par leur originalité avec la patère et le vase à libation classiques des faces latérales des autels. Faut-il voir dans l'amphore vinaire une représentation symbolique de l'offrande liquide consacrée au dieu (libation) ou celle de la consommation du vin liée à des banquets rituels, pratique désormais bien identifiée dans les sanctuaires celtiques de Gaule ? Le sanglier serait-il alors, sur l'autre face, le symbole d'une autre forme de rituel liée à la consommation du gibier et à des pratiques aristocratiques de la chasse ? Le témoignage est isolé et doit relever d'un épisode anecdotique commémoré par un geste individuel. COMMENTAIRE Le théonyme est un hapax. Sa découverte dans les ruines de l'ancienne chapelle de la Croix-du-Basert, quartier de la commune de Gourdan-Polignan, ne laisse guère de doute sur le rapport entre le nom de la divinité et le toponyme . La désinence en -e, fréquente pour les divinités de type aquitanique, correspond soit à un indéclinable, soit à une forme de datif aquitanique . J. Gorrochategui propose de voir dans le t un suffixe et suggère un rapprochement entre le radical ainsi ramené à Baeser- et le théonyme (ou l'épithète divine) Beiserisse (CIL XIII, 370) . Des parentés avec l'anthroponyme Baisothar et avec la racine ibère paes/pais- ainsi ont été proposées par M. L. Albertos Firmat, hypothèse à laquelle a souscrit J. Gorrochategui . Le rapprochement avec le basque baso, la forêt, a été adopté par de nombreux chercheurs depuis R. Lizop, qui utilisait, entre autres, l'argument du caractère boisé des contreforts calcaires entourant le carrefour du Basert, au Moyen Âge et jusqu'à nos jours . On ne saurait établir de parallèle assuré à partir d'une seule attestation antique, de légendes médiévales et d'une observation du paysage contemporain. Seule, par conséquent, l'évidente parenté entre le toponyme actuel et le théonyme antique peut être retenue. Le dédicant est un pérégrin libre d'ascendance aquitaine. Son surnom est composé d'un élément particulièrement fréquent dans l'onomastique aquitanique, -belex /-bels, et le surnom lui-même, Harbelex, est attesté à six autres reprises, dans les vallées comme dans la plaine, avec des variantes de la consonne finale (Harbelxsis/Harbelsis) . La première partie du nom, Har-, est peut-être à rapprocher de Hars-, radical que l'on retrouve dans le surnom du père, latinisé en Harsus . Le rapprochement de ce dernier surnom avec des anthroponymes basques attestés dans des textes d'époque médiévale (Xe-XIIe siècles) permet d'établir un lien avec le vocable basque (h)artz, qui désigne l'ours. Laetitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, 2008. ; Grand autel votif épigraphe incomplet (sommet, corniche et base arasés). Les latéraux sont sculptés d'une amphore à droite et d'un sanglier à gauche. Claudine Jacquet (09/01/06)
Sujet représenté
(amphore, sanglier)
À propos de cette œuvre
L'œuvre intitulée « Autel votif dédié au dieu Baesert par Harbelex » est conservée au musée Saint-Raymond. Cette pièce figure dans la base Joconde du ministère de la Culture, qui recense les œuvres des musées de France.
Technique et matériaux
Cette œuvre relève du domaine : archéologie, épigraphie, romain, croyances - coutumes. Elle a été réalisée avec les matériaux et techniques suivants : marbre. Sa période de création est identifiée comme : 2e siècle.
Le musée conservateur
« Autel votif dédié au dieu Baesert par Harbelex » est conservée au musée Saint-Raymond, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit que les collections font l'objet d'une gestion rigoureuse en matière de conservation, d'inventaire et d'accessibilité au public.
Sources des données
Les informations relatives à cette œuvre proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture, diffusée sur data.culture.gouv.fr sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab).
À propos de cette œuvre
Au musée Saint-Raymond, on trouve Autel votif dédié au dieu Baesert par Harbelex. L'oeuvre a été exécutée en marbre. Format : Hauteur en cm 69,2 ; Largeur base en cm 29,1 ; Largeur corps en cm 25 ; Profondeur base en cm 24,3 ; Profondeur corps en cm 18,8. Le sujet représenté est : (amphore, sanglier). La création de cette oeuvre remonte à la 2e siècle.
Contexte de création
La 2e siècle fournit à le cadre propice pour imaginer Autel votif dédié au dieu Baesert par Harbelex. Cette œuvre, aujourd'hui trésor du musée Saint-Raymond, est l'aboutissement d'un échange fécond entre le créateur et les mouvements de pensée de son temps. Le contexte intellectuel et artistique se lit dans chaque choix formel de la composition.
Voir aussi
Technique
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Questions fréquentes
Tout ce que vous devez savoir
L'œuvre « Autel votif dédié au dieu Baesert par Harbelex » est conservée au musée Saint-Raymond, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit la qualité de conservation des collections et leur accessibilité au public.
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