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Œuvre sans titre
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Œuvre sans titre

Description

Calcaire (pierre d'Asnières) taillé ; Les deux blocs (inv.997.0.55 et 997.0.56) s'ordonnent de la même manière : chacun montre les restes de deux arcs en accolade au réseau d'intrados autrefois polylobé et décorés de feuilles rampantes sur l'extrados, chaque paire d'arc étant articulée par un pinacle : dans le premier fragment (inv.997.0.55), un pinacle cantonné de trois minces piliers à base prismatique marque un angle saillant, tandis que dans le deuxième (inv.997.0.56), un pinacle de moindre envergure, orné d'un seul petit pilier, se loge dans un angle rentrant. Au-dessus, un cordon horizontal mouluré, transgressé seulement par la pointe de l'arc en accolade, impose une limite supérieure à ce registre. Prenant naissance sur ces éléments, des voûtes d'ogives se déploient au revers où elles sont brutalement interrompues par une zone de fracture mutilant les blocs sur toute leur hauteur. Ce décor, d'arcs articulés en ressauts par des pinacles et pourvus au revers de fausses voûtes d'ogives, rappelle les caractéristiques principales des dais sculptés. De plus, l'arrêt brutal et sans logique desdits pinacles ainsi que les traces de mortier, visibles sur les lits d'attente des blocs, semblent prouver qu'ils constituaient tous deux la partie inférieure d'un ensemble plus important. Or, la composition et le style de ces fragments rappellent précisément les dais du portail de l'église de la Chartreuse de Champmol. Ces derniers, accolés deux à deux sur plan polygonal, surmontant à gauche les statues de saint Jean-Baptiste et de Philippe e Hardi et à droite celles de sainte Catherine et de Marguerite de Flandre, présentent exactement le même décor d'accolades articulées de pinacles, qu'ils soient forts dans les angles saillants ou faibles dans l'angle rentrant à la jonction de deux dais, comme on a pu l'observer dans les fragments conservés au musée archéologique. Au-delà du cordon horizontal se développe ici un niveau de fines arcatures, limité par ces mêmes pinacles qui se prolongent pour soutenir la frise de feuillage couronnant l'ensemble. La ressemblance n'est probablement pas fortuite : on sait en effet que les dais actuels ont subi quelques restaurations au cours du XIXe siècle, tant pour éviter leur complète disparition que pour préserver les statues qu'ils surmontaient, jusqu'à la restauration de 1884. Une lithographie de Villeneuve, parue dans l'ouvrage de Maillard de Chambure, montre l'état du portail vers 1833 : le dais de sainte Catherine apparaît le plus mutilé avec seulement deux pinacles encore subsistants, celui assurant la jonction avec le dais de Marguerite de Flandre et le suivant à droite, correspondant au premier angle saillant. Cette disposition coïncide tout à fait avec celle des fragments du musée. La lithographie permet par ailleurs d'observer comment les dais se prolongeaient à la base des pinacles en pendentifs feuillagés, que les restaurateurs n'ont semble-t-il pas jugé bon de replacer par la suite ; or, les deux blocs étudiés ici présentent sous les pinacles plusieurs stries ayant certainement servi d'abreuvoirs pour fixer des éléments semblables. Peu de temps après, en 1840, Pierre Paul Petit réalise un dessin du portail avant d'entreprendre les travaux de restauration : la partie inférieure du dais de sainte Catherine a alors presque complètement disparu, ne laissant subsister des deux pinacles encore visibles en 1833 que celui qui forme le point de jonction avec le dais de la duchesse. Ces dégradations intervinrent donc forcément dans cet intervalle de sept ans : accident ou dépose pour raisons de sécurité ? Cela reste difficile à déterminer. Enfin, une photographie de 1878 ou 1881 révèle un état de détérioration encore plus avancé du dais de la sainte : le pinacle "commun" n'existe plus. Peut-être a-t-il été déposé après la restauration du dais de la duchesse vers 1848, alors que celui-ci était sur le point de se détacher ? Aujourd'hui, l'analyse archéologique permet de relever la présence d'un joint qui sépare le dais de sainte Catherine et celui de la duchesse, courant au revers sur les petites voûtes d'ogives, en englobant le pinacle intermédiaire, preuve évidente d'une réfection totale du premier dais. Par conséquent, on pourrait penser que les deux blocs conservés au musée proviennent effectivement du dais de sainte Catherine ; le fragment B (inv.997.0.56) correspondrait au pinacle commun aux deux dais, le seul placé dans un angle rentrant, son substitut actuel étant impliqué dans une reprise évidente ; quant au fragment A (inv.997.0.55), si l'on se fie à la lithographie de Villeneuve, il pourrait être assimilé au seul pinacle marquant un angle saillant et encore en bon état. Cela revient à dire que les deux blocs n'en auraient autrefois formé qu'un : si aujourd'hui ce n'est plus le cas, leur confrontation permet cependant de restituer un arc en accolade d'une porte très semblable à celui actuellement en place. Ils auraient été démantelés entre 1833 et 1840 pour le B et entre1840 et 1878/1881, peut-être vers 1848 pour le A et probablement déposés au musée de la Commission. Fait étrange, J. d'Arbaumont ne les répertorie pas en 1894 avec les autres fragments provenant de la Chartreuse de Champmol ; ils n'apparaissent pas plus dans les registres d'entrée du musée. Peut-être n'ont-ils pas été pris en compte en raison de leur aspect très mutilé, joint à l'ignorance de leur provenance, ou tout simplement par oubli. Ce silence pourrait signifier également que les deux fragments de dais furent déposés assez tôt (dans les années 1830-1840?) car J. d'Arbaumont, très actif à la Commission des Antiquités, n'aurait certainement pas négligé des vestiges de la Chartreuse de Champmol entrés récemment au musée. D'autre part, si les deux fragments en question appartiennent au dais de sainte Catherine, leur examen permet de préciser l'idée d'A. erlande-Brandenburg, selon laquelle chaque paire de dais aurait été taillée dans un même bloc, D.Goodgal-Salem ajoutant que ce choix avait l'avantage d'éviter un joint trop voyant. Or, on l'a dit plus haut, les traces de mortier sur les lits d'attente des fragments suffisent à montrer que les dais, s'ils étaient effectivement attenant deux à deux, se composaient aussi de deux éléments superposés ; leur emboîtement dissimulait le joint horizontal, bien réel cependant. Leur réalisation reste bien documentée. Sluter, transformant le projet initial de Raymond du Temple et de Jean de Marville, fait couper les patrons des nouveaux dais en nombre 1391; en 1393, 1394, puis en 1398 après une lacune de quatre années dans les comptes, on poursuit l'élaboration de "tabernacles", qu'on termine en 1400 et 1401, alors que les statues sont en place depuis le début des années 1390. Pour E. Husson, les quatre dais du portail n'auraient été exécutés que de 1399 à la fin de l'année 1401, date de leur achèvement, en réclamant le travail de quatre sculpteurs pendant ces deux ans. (Didier Secula) (JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000)

À propos de cette œuvre

L'œuvre intitulée « Cette œuvre » est conservée au musée archéologique. Cette pièce figure dans la base Joconde du ministère de la Culture, qui recense les œuvres des musées de France.

Technique et matériaux

Cette œuvre relève du domaine : archéologie, architecture, sculpture, médiéval. Elle a été réalisée avec les matériaux et techniques suivants : calcaire (taillé). Sa période de création est identifiée comme : 4e quart 14e siècle;1er quart 15e siècle.

Le musée conservateur

Le musée archéologique conserve cette œuvre dans ses collections. En tant que musée labellisé « Musée de France », l'établissement s'engage à préserver et à mettre en valeur les pièces qui lui sont confiées.

Sources des données

Les informations relatives à cette œuvre proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture, diffusée sur data.culture.gouv.fr sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab).

À propos de cette œuvre

calcaire (taillé). Dimensions : Hauteur en cm 37 ; Largeur en cm 32 ; Profondeur en cm 36. Sa période de création est la 4e quart 14e siècle;1er quart 15e siècle.

Contexte de création

La 4e quart 14e siècle;1er quart 15e siècle offre à le terreau fertile pour concevoir . Cette œuvre, désormais joyau du musée archéologique, est le fruit d'un dialogue constant entre l'artiste et les idées de son siècle. Le contexte de création confère à la pièce une dimension historique qui enrichit considérablement sa lecture.

Questions fréquentes

Tout ce que vous devez savoir

L'œuvre « Œuvre sans titre » est conservée au musée archéologique, un établissement portant le label « Musée de France ». Ce label garantit la qualité de conservation des collections et leur accessibilité au public.

Cette œuvre est attribuée à d'après la base Joconde du ministère de la Culture. Consultez la fiche de l'artiste sur DellArte pour découvrir son parcours, ses autres œuvres et les musées qui conservent ses créations.

Les données proviennent de la base Joconde du ministère de la Culture (data.culture.gouv.fr), diffusées sous Licence Ouverte v2.0 (Etalab). Les notices sont renseignées par les musées conservateurs et validées par le Service des musées de France.

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