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Épisode de la chasse à courre donnée en l’honneur des Chefs arabes (Forêt de Compiègne) le 29 novembre [1862]
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Épisode de la chasse à courre donnée en l’honneur des Chefs arabes (Forêt de Compiègne) le 29 novembre [1862]

Janet Gustave (1829-1898);Yriarte Charles (1833-1898);Maurand Charles (1824-1904) — Dessiné par M. Gustave Janet (1829-1898), d'après un croquis de M. Charles Yriarte (1833-1898) ; Illustrateur : Charles Maurand (1824-1904). — 3. Viertel 19. Jahrhundert

Beschreibung

Une improbable chasse à courre en forêt de Compiègne Ce double feuillet provient du numéro 296 du Monde illustré en date du 13 décembre 1862. Il illustrait un article rapportant la fastueuse chasse à courre organisée par l’Empereur en forêt de Compiègne en l’honneur des chefs arabes Basch-Agas, le 29 novembre de la même année. La vénerie étant un loisir princier très pratiqué dans la région et revêtant un aspect éminemment politique, il était naturel d’en faire la démonstration devant des hôtes étrangers. L’illustrateur Charles Maurand (1824-1904), dont le nom figure dans l’angle inférieur droit, a repris le dessin exécuté par Gustave Janet (1829-1898), d’après un croquis de Charles Yriarte (1833-1898) qui décrit le moment de la chasse où le pied du cerf est offert à l’invité de marque, en fin de laisser-courre. La scène se déroule devant l’Impératrice Eugénie qui a mis pied à terre. L’Empereur, qui s’était retiré avant la fin de la chasse, n’apparaît pas. Le croquis de cet épisode, d’après l’article, fut réalisé sur le vif, à grands traits, « afin d’avoir un document authentique ». La presse se faisait en effet volontiers l’écho des chasses de l’Empereur, qui, maîtrisant bien l’impact de ce moyen de communication, n’hésitait pas à s’en servir en mettant en scène certains événements d’envergure. Servir le cerf et un enjeu diplomatique L’article nous apprend les circonstances de cet épisode singulier de l’histoire cynégétique de l’Oise. Cette chasse à courre s’était distinguée de celles qui avaient lieu ordinairement par un luxe de mise en scène dû à la présence des Basch-Agas invités par Napoléon III et son épouse. Le rendez-vous avait été donné au Puits du-Roi. À une heure, tous les chevaux de main, les piqueurs, les valets de chiens et la meute y étaient réunis. Quelques invités en costume de chasse s’y étaient rendus directement, tandis qu’une affluence de curieux stationnait autour du rond-point. Les serviteurs des chefs arabes leur présentaient les bottes de maroquin garnis de la longue pique qui sert d’éperons, et enlevaient les housses qui recouvraient les riches caparaçons des chevaux et les selles à dossiers élevés. Peu après l’arrivée du couple impérial, l’assistance se dirigea vers le carrefour des Plaideurs. À deux heures un quart on découplait les chiens et le cerf était attaqué. Cerné et éprouvé par l’effort, l’animal fut finalement rattrapé, puis servi d’un coup de dague par un veneur, aussitôt rejoint par l’Impératrice, le comte Edgar Ney, M. de Toulongeon, le prince de Reuss, le baron Clary, M. de Vicence, le baron Lambert, le peintre Jadin (alors peintre de la Vénerie impériale), le marquis de l’Aigle, et la plupart des invités. De tous côtés arrivaient les voitures de cour, les chasseurs retardataires, les officiers de cavalerie, les piqueurs. Les fanfares retentissaient. Les chiens hurlaient avec frénésie en attendant la curée. Les chefs arabes entouraient le cerf, dont on coupa le jarret pour le leur offrir, comme il est d’usage, afin qu’ils aient les honneurs de la journée. La vénerie au service du rêve arabe de Napoléon III Loin d’être anecdotique, cette chasse fut organisée dans un contexte politique teinté de colonialisme. La vénerie est un instrument politique qui participe ici du rêve arabe de l’Empereur. Le 17 septembre 1860, Napoléon III met le pied sur le sol algérien. Il a un grand projet en tête : un royaume arabe, qui s’étendrait d’Alger à Bagdad, sous la protection de la France ; un royaume où règnerait l’égalité entre indigènes et Européens. Ce 17 septembre 1860 au matin, Napoléon III est le premier chef d’État français à débarquer à Alger, sur cette terre d’Afrique où la France, depuis 1830, progresse à coups d’expériences contrastées. Si bref soit-il, ce premier contact avec l’Algérie produit sur lui une impression profonde, surtout la superbe fantasia orchestrée par Yûsuf, un aventurier drapé en mamelouk, et la réception arabe qui s’ensuit. Dès lors, l’Empereur s’engage dans une mission civilisatrice et fait entrer dans son domaine réservé cette Algérie qu’il avait d’abord considérée comme un poids pour la France. Au seuil des années 1860, l’Algérie est un terrain d’essai pour les questions sociales et industrielles qui préoccupent ses contemporains. L’ancienne Régence ottomane est un lieu à la mode où se retrouvent gens huppés et intellectuels : elle entretient le goût des Français pour l’exotisme. Des aristocrates légitimistes dépités par la révolution de 1830 viennent y chercher fortune. La conjoncture internationale est par ailleurs favorable : entre Solferino (1859) et Sadowa (1866), l’Europe est calme, ce qui permet à Napoléon III de tenter sa politique des nationalités en Afrique du Nord. En 1860, l’Empereur envoie une expédition contre les Druzes au secours des chrétiens du Mont-Liban et de Damas. Il découvre que, d’Alger à Bagdad, quinze millions d’Arabes vivent sous le joug ottoman : il y a là une nationalité potentielle dont il pourrait hâter la formation, comme il l’a fait pour l’Italie. C’est pourquoi il envisage une entité arabe centrée sur Damas, autonome sans être indépendante de la Sublime Porte, à la façon de la vice-royauté d’Égypte. Dans la perspective d’une nation arabe dont Napoléon III pourrait être le protecteur, l’Algérie prend donc une dimension symbolique et une importance stratégique considérables. L’Empereur s’entoure d’idéalistes impénitents et d’aventuriers désenchantés. Au premier plan se détachent trois hommes d’influence : Frédéric Lacroix, le colonel Lapasset et Isma’il Urbain. En retrait œuvrent trois décideurs haut placés : le maréchal Randon, le général Fleury et le baron David. De 1861 à 1862, l’Empereur précise son projet. Il multiplie les égards vis-à-vis des chefs indigènes et reçoit en grande pompe, à Compiègne, le fameux Moqrani agha (équivalent de gouverneur) de la Medjana. Il témoigne ainsi qu’il est bien l’empereur des Français et des Arabes. Il procède par coups d’éclat, de plus en plus irrité par la résistance des colonistes (partisans de la colonisation) organisée à Alger par Mercier-Lacombe, le puissant directeur des services civils, et envenimée par le docteur Warnier, l’économiste Jules Duval, et des socialistes utopiques ayant tourné casaque. De 1863 à 1865, l’Empereur passe à l’offensive à coups de senatus-consultes, c’est-à-dire d’actes émanant du Sénat et ayant force de loi. Son rêve arabe se heurte cependant à de nombreux détracteurs.

Abgebildetes Thema

scène (chasse à courre : homme, femme, cavalier, cheval, chien, cerf),paysage (forêt, Compiègne, Oise)

Über dieses Werk

Das Werk mit dem Titel « Épisode de la chasse à courre donnée en l’honneur des Chefs arabes (Forêt de Compiègne) le 29 novembre [1862] », zugeschrieben Janet Gustave (1829-1898);Yriarte Charles (1833-1898);Maurand Charles (1824-1904), wird im musée de la vénerie aufbewahrt. In der Joconde-Datenbank verzeichnet, gehört dieses Werk zum nationalen künstlerischen Erbe, das in den zertifizierten Museen aufbewahrt wird.

Technik und Materialien

Dieses Werk gehört zum Bereich: estampe. Es wurde mit folgenden Materialien und Techniken geschaffen: estampe rehaussée à la gouache sur papier. Seine Entstehungszeit wird identifiziert als: 3. Viertel 19. Jahrhundert.

Das konservierende Museum

Das musée de la vénerie bewahrt dieses Werk in seinen Sammlungen auf. Als Museum mit dem Label « Musée de France » verpflichtet sich die Einrichtung, die ihr anvertrauten Stücke zu erhalten und zu würdigen.

Datenquellen

Die Informationen zu diesem Werk stammen aus der Joconde-Datenbank des Kulturministeriums, veröffentlicht auf data.culture.gouv.fr unter der Open License v2.0 (Etalab).

Über dieses Kunstwerk

Au musée de la vénerie, on trouve Épisode de la chasse à courre donnée en l’honneur des Chefs arabes (Forêt de Compiègne) le 29 novembre [1862], oeuvre de Janet Gustave (1829-1898);Yriarte Charles (1833-1898);Maurand Charles (1824-1904). La technique employée est : estampe rehaussée à la gouache sur papier. L'oeuvre présente les dimensions suivantes : H. 0,312 ; l. 0,416 m. Elle figure : scène (chasse à courre : homme, femme, cavalier, cheval, chien, cerf),paysage (forêt, Compiègne, Oise). Elle est datée de la 3e quart 19e siècle. À propos de cette pièce : Dessiné par M. Gustave Janet (1829-1898), d'après un croquis de M. Charles Yriarte (1833-1898) ; Illustrateur : Charles Maurand (1824-1904).

Entstehungskontext

Le moment historique de la 3e quart 19e siècle éclaire la démarche de Janet Gustave (1829-1898);Yriarte Charles (1833-1898);Maurand Charles (1824-1904) lorsqu'il crée Épisode de la chasse à courre donnée en l’honneur des Chefs arabes (Forêt de Compiègne) le 29 novembre [1862]. Cette réalisation, préservée au musée de la vénerie, contient les résonances d'un milieu artistique en pleine mutation, où tradition et modernité s'entrechoquent pour produire des œuvres d'une grande originalité.

Häufig gestellte Fragen

Alles, was Sie wissen müssen

Das Werk « Épisode de la chasse à courre donnée en l’honneur des Chefs arabes (Forêt de Compiègne) le 29 novembre [1862] » wird im musée de la vénerie aufbewahrt, einer Einrichtung mit dem Label « Musée de France ». Dieses Label garantiert die Qualität der Sammlungen und ihre Zugänglichkeit für die Öffentlichkeit.

Dieses Werk wird Janet Gustave (1829-1898);Yriarte Charles (1833-1898);Maurand Charles (1824-1904) gemäß der Joconde-Datenbank des Kulturministeriums zugeschrieben. Sehen Sie sich die Künstlerinformationen auf DellArte an, um ihren Werdegang, ihre anderen Werke und die Museen, die ihre Kreationen bewahren, zu entdecken.

Die Daten stammen aus der Joconde-Datenbank des Kulturministeriums (data.culture.gouv.fr), veröffentlicht unter der Lizenz Ouverte v2.0 (Etalab). Die Einträge werden von den konservierenden Museen bereitgestellt und vom Service des Museen de France validiert.

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